dimanche 30 mars 2014

Pourquoi j'ai perdu gros au poker depuis 3 mois


Je gagne à nouveau... après avoir perdu pendant plusieurs mois!


Dans le jargon du poker, nous appelons downswing une période perdante prolongée. L'équivalent individuel en quelque sorte d'une récession en économie. Sauf que pour mériter le titre de récession, l'économie doit se contracter pendant deux trimestres consécutifs.

Au poker en revanche, nous nous considérons en downswing quand 50 000 mains résultent en un bilan négatif. Ce qui correspond à peu près à une période d'activité d'un seul mois pour un professionnel tel que moi jouant sur internet plusieurs parties simultanément.

Chaque trimestre, mes gains au poker sont supérieurs à mes pertes. Et cela depuis 9 années que je joue. Certes j'ai connu des downswings d'un mois. Mais jamais de périodes perdantes de plusieurs mois. Jamais... jusqu'à tout récemment! En effet, j'ai perdu sans arrêt sur près de 150 000 mains de poker en novembre, décembre et surtout en janvier. Comme si la déesse Fortuna en personne m'avait maudit!

Pourquoi ai-je perdu? Pourquoi ce long downswing de trois mois? Il y a trois causes:


Variance

Tous ceux qui jouent à pile ou face savent que s'ils font des séries de vingt lancers d'une pièce de monnaie, ils n'obtiendront pas 10 piles et 10 faces à chaque série. S'ils font de nombreuses séries, l'une d'elles finira même par produire 17 piles et 3 faces.

Les joueurs de poker vivent la même chose. Pour employer le langage des statisticiens, il s'agit d'un jeu qui se caractérise par une variance élevée. Sur le long terme, il est inévitable de connaître des périodes de résultats négatifs. J'ai joué sept millions de mains de poker en neuf années. Il était inévitable que je finisse par connaître une période de « malchance » prolongée: c'est un phénomène statistique incontournable.


Avantage réduit

La cause numéro deux découle du fait que mon avantage sur mes adversaires s'est réduit. Maintenant les parties sont beaucoup plus dures qu'autrefois. Tous les joueurs de poker, incluant moi-même, gagnent deux fois moins qu'il y a quelques années.

Et cela nous ramène au point précédent: les statistiques. Car une réduction de notre avantage sur nos opposants induit une probabilité plus grande de connaître une période négative prolongée.


Tilt

Troisièmement, j'ai commis le péché mortel des joueurs de poker: j'ai tilté. C'est à dire que je me suis laissé gagner par la peur et la colère... et j'ai mal joué. Pour bien jouer au poker, il faut se comporter comme Bill Gates pariant de petites sommes. Il faut jouer de manière totalement zen. Évidemment c'est plus difficile quand le jeu constitue votre seule source de revenus comme c'est le cas pour moi. :)

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Mais comme le dit l'adage... Après la pluie, le beau temps, n'est-ce pas? Alors en février et surtout maintenant en mars, j'ai retrouvé la rentabilité. Oh pas des fortunes. Mais la rentabilité tout de même. Mon downswing de trois mois est terminé. Hourrah!

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Ressources

1) Le chapitre que Ian Taylor et Matthew Hilger consacrent aux downswings dans leur livre Poker Mindset: la psychologie du poker se révèle fort intéressant.

J'aime particulièrement la phrase suivante: A la longue tout le monde finira par avoir une série plus mauvaise que ce qu'il croyait possible. La différence entre un gagnant et un perdant est que ce dernier pensera ne pas la mériter.

2) Je suggère aussi la lecture de la section Psychology dans l'anthologie du forum de poker 2+2.


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Citation du jour

 « Le malheur ne dure pas toujours. »
Proverbe français



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